jeudi 24 février 2011

19# « La tierra giró para [alejarnos]. »

Retour à la case départ. Ou à la case nulle part, au choix.
Frustrations, déceptions, harassement aussi bien physique que moral.. je me trouve (une fois de plus) à chercher mon chemin dans les affres de mon instabilité chronique.
Quand je pense savoir où je vais, il faut inévitablement que tout se passe à l'envers ; un premier semestre plus ou moins géré, un stage trouvé, Paris.. mais finalement plus de stage après seulement deux semaines, et un retour à Toulouse.
Il est usant de ne jamais savoir à quoi s'attendre. Se créer un quotidien, fréquenter des personnes formidables, vivre des moments inoubliables, puis tout casser et repartir.
Voilà ce à quoi je suis confronté depuis des années.
Ma vie n'est faite que de départs, de périodes et de changements. Je préférerais un peu plus de continuité et de linéarité, plutôt que le sempiternel recommencement auquel je dois faire face constamment.
Tout cela provoque des réactions étranges, mon corps et mon esprit finissent par s'user deux fois plus vite que n'importe quelle batterie de BlackBerry.. imaginez la performance.


Et comme si cela ne suffisait pas, les sentiments entrent en jeu. Certes ils sont là depuis longtemps, mais ils n'ont jamais cessé de grandir et par conséquent de devenir plus lourds à supporter.
Aimer pour rien, tout un programme.
Ma persévérance, d'ordinaire à toute épreuve, se voit ébranlée par le spectre de l'indifférence. Je la suppose involontaire mais n'en suis pas sûr, je sais juste qu'elle me blesse.

Il existe un véritable gouffre entre ce que j'ai et ce que je voudrais avoir. Pourtant je n'ai pas l'impression de désirer quelque chose d'extraordinaire, bien au contraire. J'ai l'intime conviction que tout pourrait se passer le plus simplement et naturellement du monde. Mais ça ne sert à rien si j'en suis le seul persuadé. Sérieusement, je pense n'avoir aucun concurrent de taille quand il s'agit de passer à compter des belles choses.



Ah, si seulement tout pouvait être aussi simple que de sauter par-dessus un portique du métro parisien..

vendredi 4 février 2011

18# Back to the future

La découverte de soi n’est qu’une illusion.
Par des détours insoupçonnés tout est modifié. On croit se connaitre alors que notre attitude peut nous paraitre d’un seul coup complètement étrangère.
On développe des personnalités antagonistes.
Mais au fond rien ne nous empêche de les associer. Une période donnée détermine quel état d’esprit sera le plus fort. Certains appellent ça être lunatique, schizophrène dans les cas les plus extrêmes. Je ne vois rien d’autre que la condition humaine. Tout le monde réagit ainsi. Ce qui varie, c’est l’intensité de ces fluctuations mentales. Et bien sûr, elles dépendent des évènements vécus.
Jusqu’à quel degré sommes-nous touchés par nos expériences ?
On peut considérer tout ce qui arrive dans une vie comme une fatalité, l’oeuvre du destin. L’impact sur la conscience est alors mineur, pas d’effet de surprise. Si au contraire, on pense que rien n’est prévu et que chaque action se produit au hasard, on restera toujours étonnés et en perpétuel éveil. C’est là que l’on peut brutalement basculer d’un état à un autre.
On se réfugie parfois dans la haine. C’est la solution de facilité. Le conflit entre raison et émotion est la preuve du malaise provoqué par ce sentiment. On croit ne pas pouvoir détester quelqu’un continuellement, ça n’a pas de sens. Selon l’humeur du moment on est capable de tolérer la personne, voire de l’apprécier et finir par se rendre compte qu’on tient à elle.
Car détester signifie accorder de l’importance.

Seule l’indifférence traduit un désintérêt total. Et elle est rare. La raison nous amène à essayer de comprendre, à tenter de passer par-dessus son ressenti pour créer une forme de relation. Souvent instable, cette relation évolue en fonction du désir éprouvé ou non de maintenir un équilibre. Et cet équilibre est basé sur la volonté d’observer une bonne entente qui peut se muer en amitié sincère si on le veut vraiment.


Ce texte date du printemps dernier, il est assez plaisant de constater que parfois les choses se passent comme on le désire...